Les sourires étaient aussi nombreux que rares étaient les nuages dimanche dans le ciel de Métabief, dans l’organisation et le déroulement du week-end. De vertes collines, quelques tâches colorées ici et là, un ciel bleu et un soleil omniprésents ont donné à la station doubiste un air d’été pour le retour du vélo tout terrain sur les pentes du Morond. Pendant deux jours, le village a une nouvelle fois offert ses vallons aux vététistes, renouant avec un passé que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En ce temps-là, la première fois c’était en septembre 1993, une foule en liesse acclame les meilleurs mondiaux.
Trialistes, crosseurs et descendeurs font vibrer plus que le haut Doubs. La sono nous informe le dimanche matin que le cross-country intègre les Jeux Olympique. Quelques instants plus tard un jeune Niçois deviendra champion du Monde. D’abord junior. Puis deviendra une légende de ce sport, une vraie. Pas une gloire nationale mais internationale avec le palmarès qui va bien avec. Ceux qui étaient à Métabief ce dimanche-là se souvienne sûrement encore de Franck Roman. Le Français ne figure pas autant sur les palmarès que Nicolas Vouilloz (vous l’aviez reconnu, non ?), mais le souvenir de sa trajectoire trop large accompagnée du silence né de cet élan coupé vers un sacre espéré résonne encore dans nos mémoires.
Il y a plus de 20 ans, on aperçoit dans la presse un jeune adolescent à la folle crinière blonde : Yoann Paccard. Celui-ci figure sur le papier glacé d’un magazine accompagné de ses potes du VTT Conliege hurler leur enthousiasme. Septembre 1993-mai 2016, le Jurassien était -encore- à Métabief.
Moins jeune certes mais avec coup de guidon toujours alerte. Pas encore master, le pilote a pris sous son aile un jeune homme peu habitué aux circuits et week-end de descente qui ont longtemps rythmé les fins de semaine de Paccard : François Bailly-Maître. Plutôt que d’aller arpenter le massif vosgien voisin pour le compte de la première manche de la coupe de France d’Enduro, le pilote BMC a fait un saut de puce pour « travailler ». Les deux hommes se sont retrouvés samedi. A la matinée consacrée aux reconnaissances à pied s’est substitué l’après-midi 6 runs sur la nouvelle piste. L’élève a bien écouté les conseils magistraux puisque c’est François Bailly-Maître qui figurait dimanche midi tout en haut de la manche de placement. Lui, l’enduriste, allait-il damner le pion aux descendeurs ? Seul pilote sous les 4 minutes, le Jurassien améliorait sa marque l’après-midi. Le hic, c’est qu’il n’était pas le seul. Une seconde plus rapide que le Jurassien, c’est au Millavois Dylan Levesque que revenait la victoire devant Valentin Chatanay (Clic VTT). Une nouvelle fois troisième après Millau et Mollau, Bailly-Maître doit s’incliner devant ces deux pilotes dont les naissances sont intervenues quelques années après septembre 1993 et qui ont découvert Métabief et son histoire.

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